1. Inhalt
  2. Navigation
  3. Weitere Inhalte
  4. Metanavigation
  5. Suche
  6. Choose from 30 Languages

International

Tout est bon dans le grillon

Ils sont consommés depuis la nuit des temps en Asie, en Amérique du sud et en Afrique. La FAO mise sur les grillons et autres petits vers pour lutter contre la malnutrition et, pourquoi pas, nourrir la planète de demain.

À l'initiative de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), des experts d'une trentaine de pays se sont réunis récemment dans le nord-est de la Thaïlande, dans la ville de Khon Kaen. Objectif : explorer les moyens de promouvoir les nourritures indigènes et traditionnelles. Parmi ces nourritures sous-exploitées figurent les insectes.

Des vendeurs d'insecte sur un marché au Cambodge

Des vendeurs d'insecte sur un marché au Cambodge

Consommés depuis la nuit des temps en Asie, en Amérique du sud et en Afrique, ils sont aujourd'hui considérés par la FAO comme un moyen de lutter contre la malnutrition. En Thaïlande, on n'attrape plus seulement les insectes dans la nature, on les élève de façon quasiment industrielle.

Visite dans une ferme d'élevage

Il y a deux ans, Monsieur Suwat s'est lancé dans l'élevage de grillons. Chaque matin, il donne à manger à ses milliers d'insectes, répartis dans une cinquantaine de bacs en plastique rectangulaire. Au bout de 40 jours, les insectes sont matures. Ils sont lavés, bouillis puis envoyés dans les marchés du pays où ils ont beaucoup de succès. Il existe aujourd'hui 20.000 fermes d'élevage de grillons en Thaïlande. Pour Barbara Burlingame, nutritionniste au sein de la FAO, les insectes ne présentent que des avantages.

En Afrique, on consomme plutôt des sauterelles comme ici, en Ouganda

En Afrique, on consomme plutôt des sauterelles comme ici, en Ouganda

« Ils offrent une très bonne qualité de protéines et fournissent des acides aminés à des populations qui ont très peu d'apport en protéines animales dans leurs régimes alimentaires », explique la nutritionniste. Selon elle, l'impact sur les ressources naturelles est bien plus faible que pour les élevages de gros bétail, en ce qui concerne les « ressources en eau, en terres, et aussi en terme de nourritures pour animaux ».

Un modèle applicable à l'Afrique

Les insectes sont donc une formidable ressource pour lutter contre la malnutrition en Asie du Sud-Est, mais qu'en est-il sur le continent africain ? « Les insectes sont également consommés dans de nombreux pays d'Afrique, affirme Patrick Durst, expert à la FAO. C'est pour cela que nous nous intéressons aussi à ce continent. Mais pour l'instant, les fermes d'élevage de grillons existent principalement en Thaïlande. Ailleurs, les gens attrapent les insectes dans la nature. » À sa connaissance, le continent africain ne compte encore aucune ferme d'insecte, « ou vraiment juste quelques unes qui démarrent sur le modèle thaïlandais ».

Conquête des marchés occidentaux

Bientôt des spaghettis aux insectes ?

Bientôt des spaghettis aux insectes dans notre assiette ?

Si manger des sauterelles est ancré dans les traditions en Afrique ou en Thaïlande, cela semble compliqué d'en faire manger aux Occidentaux. Yupa Hanboonsong, entomologiste à l'université de Khon Kaen a des idées sur la question : « Ici, on mange des insectes depuis l'enfance, cela ne nous dérange pas de manger les grillons comme ça ! La prochaine étape consiste donc à développer la transformation des insectes sous d'autres formes pour convenir aux habitudes alimentaires des autres pays. »

La scientifique estime que c'est un beau défi et voit déjà les futurs produits dans les supermarchés occidentaux : « Chips de grillons pour les Européens, spaghettis aux grillons et, pour les Japonais, des nouilles fabriquées à partir de protéines de grillons, pourquoi pas ! » On deviendra alors des entomophages, malgré nous…

Le reportage de Juliette Tissot à Khon Kaen (Thaïlande)

Audios et vidéos sur le sujet

Votre avis nous intéresse !

Vous souhaitez réagir à l'actualité, donner votre avis sur le programme ou tout simplement dire bonjour ? Envoyez un courriel à francais@dw.de ou laissez un message sur notre répondeur : +49-228-429 16 4948 !

Réagissez à l'actualité par SMS !