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Afrique

En Égypte, deux ans de déceptions

Deux ans après la révolution qui a chassé du pouvoir l'ancien président Hosni Moubarak, les Égyptiens dressent un constat morose de la situation. L'insécurité et la crise économique dominent leur quotidien.

Une manifestante crie des slogans anti-Morsi, au Caire le 25 janvier 2013

Une manifestante crie des slogans anti-Morsi, au Caire le 25 janvier 2013

À la sortie de l'usine de textile Ghazl el Mahalla, la plus importante de la ville de Mahalla, le poumon industriel du pays où ont débuté les manifestations anti-Moubarak avant la révolution, les mines sont fatiguées. La plupart des ouvriers gagnent entre 50 et 200 euros par mois, des salaires qui leur permettent difficilement de vivre, mais la révolution n'a rien changé.

Beaucoup s'inquiètent aussi de voir les islamistes s'accaparer le pouvoir. Kamal, la quarantaine, a les yeux cernés et le regard plein d'angoisse : « La situation des ouvriers a empiré après la révolution. Aucun de nos buts n'a été atteint. Je suis très déçu car même le salaire minimum n'a pas été fixé alors que ça prendrait peu de temps au président pour le fixer. »

70% des habitants de la ville travaillent dans cette usine. En 2006, ses ouvriers ont été les premiers en Égypte à oser manifester contre Moubarak. En décembre dernier, excédés par le régime actuel, ils ont demandé leur indépendance du régime des Frères musulmans.

Au marché, les commerçants accusent le président Mohamed Morsi d'avoir plongé le pays dans une grave crise économique. « C'est le gang des Frères musulmans qui est à l'origine de la régression du pays. Ils veulent diriger le pays seuls et ne veulent pas que les Égyptiens s'expriment », répète un groupe de commerçants.

L'opposition a manifesté sur la place Tahrir, symbole de la révolution

L'opposition a manifesté sur la place Tahrir, symbole de la révolution

Comme au temps de Moubarak

Chez les Frères musulmans, on a installé une double porte en fer pour se protéger de la fronde des habitants. Pourtant, ces islamistes ont toujours dans le passé partagé le combat des ouvriers et pour cause : ils travaillent eux aussi à l'usine. « Je ne sais pas pourquoi les Égyptiens sont si pressés. On a fait la révolution il y a deux ans et on doit corriger 60 ans de corruption, ça prend du temps », explique Mohamed El Ganaini, l'un des chefs du parti Justice et liberté, à Mahalla. « Le salaire des ouvriers a augmenté depuis la révolution. C'est à eux maintenant de travailler pour qu'ils puissent demander davantage d'augmentation. »

Les ouvriers de Mahalla vont continuer à manifester et prévoient une grève générale. Comme au temps de Moubarak.

"La situation des ouvriers a empiré après la révolution. Aucun de nos buts n'a été atteint", déplore un ouvrier

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